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Plan Osez l’IA : bilan 2026, financement et éligibilité CIR/CII

Lancé le 1ᵉʳ juillet 2025, le plan national Osez l’IA vise à accélérer l’adoption de l’intelligence artificielle dans les entreprises françaises. Un an après son lancement, le bilan officiel affiche plus de 35 000 entreprises sensibilisées, 615 Ambassadeurs IA et 88 offreurs de solutions référencés. Après une première phase axée sur l'acculturation, le Gouvernement renforce le dispositif en septembre 2026. L'objectif : passer de la sensibilisation au déploiement opérationnel en accélérant le recours au Diag Data IA et aux aides à l'innovation.

Actualité

11.09.26

7 min

Identifier les bons projets avant de les déployer

 

Le Diag Data IA, proposé par Bpifrance, constitue l’un des dispositifs mobilisables dans ce cadre. Il vise à aider les entreprises à identifier des projets de création de valeur à partir de leurs données, puis à définir les conditions de leur mise en œuvre. Bpifrance indique que le diagnostic est destiné aux PME et ETI et qu’il est financé à 40 %, sur la base d’un coût total de 10 000 € HT.

L’intérêt de ce type d’accompagnement est de ne pas partir directement de la technologie, mais des besoins de l’entreprise. Un projet d’intelligence artificielle n’a en effet de pertinence que s’il répond à un problème concret et si les données, les outils et les compétences nécessaires à son déploiement sont disponibles.

Cette approche rejoint d’ailleurs les recommandations mises en avant par Bpifrance dans ses retours d’expérience : un diagnostic peut permettre d’identifier un cas d’usage pertinent, mais aussi de constater qu’une solution plus simple, déjà présente dans les logiciels utilisés par l’entreprise, peut parfois répondre au besoin.

L’adoption de l’IA progresse rapidement dans les entreprises françaises

 

Le changement de dimension du plan Osez l’IA intervient dans un contexte où l’utilisation de l’intelligence artificielle connaît une progression particulièrement rapide.

Selon les dernières données de l’Insee, 18 % des entreprises françaises de 10 salariés ou plus déclaraient utiliser au moins une technologie d’IA en 2025, contre 10 % en 2024 et 6 % en 2023. En deux ans, le taux d’usage a ainsi été multiplié par trois.

Cette progression concerne toutes les catégories d’entreprises, mais les écarts restent importants selon leur taille. En 2025, l’IA était utilisée par :

  • 15 % des entreprises de 10 à 49 salariés
  • 31 % des entreprises de 50 à 249 salariés
  • 58 % des entreprises de 250 salariés ou plus

Les PME restent donc nettement moins nombreuses à avoir adopté ces technologies que les grandes entreprises. C’est précisément l’un des enjeux auxquels cherche à répondre le plan Osez l’IA, en facilitant l’accès à l’information, à l’accompagnement et aux premières expérimentations.

La progression française doit également être replacée dans le contexte européen. En 2025, 20 % des entreprises de l’Union européenne utilisaient au moins une technologie d’IA, contre 18 % en France. L’écart s’est toutefois réduit par rapport à 2024.

L’IA n’est donc plus une technologie réservée à quelques entreprises pionnières. Son adoption entre progressivement dans les pratiques courantes des entreprises, ce qui pose désormais la question de la nature et du niveau des projets engagés.

Utiliser l’IA ne signifie pas nécessairement innover

 

La progression de l’usage de l’IA ne doit toutefois pas être assimilée à une progression équivalente des projets de R&D ou d’innovation.

Une entreprise peut par exemple acheter un logiciel intégrant une fonctionnalité d’intelligence artificielle afin d’automatiser certaines tâches, d’améliorer sa relation client ou d’analyser ses données. Dans ce cas, elle adopte une technologie existante.

À l’inverse, elle peut développer une solution spécifique, adapter en profondeur une technologie à ses besoins ou chercher à résoudre une difficulté technique qui ne trouve pas de solution dans les connaissances et technologies disponibles. La nature des travaux engagés est alors très différente. Pour plus de détails, consultez notre article sur le sujet.

Les données de l’Insee illustrent cette diversité. En 2024, parmi les entreprises utilisant l’IA, 69 % achetaient des logiciels ou systèmes prêts à l’emploi, tandis que 29 % faisaient appel à des prestataires externes et 24 % développaient elles-mêmes des logiciels ou modifiaient des logiciels libres.

Cette distinction est essentielle lorsqu’une entreprise souhaite déterminer si son projet peut relever d’un dispositif de financement de l’innovation.

Une qualification indispensable pour identifier les bons dispositifs

 

L’utilisation d’une technologie d’IA ne constitue donc pas, à elle seule, un critère d’éligibilité au CIR ou au CII.

Pour qualifier un projet, il convient notamment d’examiner :

  • La nature exacte des travaux réalisés
  • Les connaissances et technologies déjà disponibles
  • Les difficultés ou incertitudes rencontrées
  • Les travaux expérimentaux effectivement menés
  • Les résultats obtenus et les connaissances produites

Un projet consistant à intégrer une solution d’IA disponible sur le marché relève ainsi d’une problématique très différente d’un projet visant à développer une nouvelle technologie ou à lever un verrou scientifique ou technique.

Cette analyse est d’autant plus importante que la diffusion rapide de l’IA peut conduire les entreprises à qualifier trop rapidement leurs projets d’« innovants » du seul fait qu’ils utilisent une technologie récente.

Du diagnostic au financement : construire une stratégie adaptée au projet

 

Le développement de l’IA fait ainsi apparaître un continuum entre identification des besoins, expérimentation, innovation et R&D. À chacune de ces étapes peuvent correspondre des modalités d’accompagnement et de financement différentes.

Le plan Osez l’IA intervient d’abord sur le volet de l’accompagnement, notamment à travers les Diagnostics Data IA et les ressources mises à disposition des entreprises. Bpifrance propose également une plateforme dédiée permettant d’explorer des cas d’usage et des solutions d’accompagnement adaptés aux PME et ETI.

Une fois le projet défini, d’autres dispositifs peuvent être étudiés en fonction de sa nature et de son niveau de maturité : aides à l’innovation, dispositifs France 2030, financements privés, mais aussi CIR ou CII lorsque les conditions propres à ces dispositifs sont réunies.

L’enjeu n’est donc pas simplement de rechercher une « aide à l’IA ». Il consiste d’abord à qualifier précisément le projet et les travaux réalisés, afin d’identifier les leviers de financement pertinents et, le cas échéant, de sécuriser leur mobilisation.

Cette démarche devient d’autant plus importante que l’adoption de l’IA se diffuse rapidement. Les entreprises sont désormais nombreuses à expérimenter ou intégrer ces technologies, mais les projets qui nécessitent un véritable effort d’innovation ou de R&D doivent pouvoir être distingués des simples opérations d’intégration ou d’utilisation d’outils existants.

Conclusion

 

Le premier anniversaire du plan Osez l’IA intervient donc à un moment charnière. L’adoption de l’intelligence artificielle progresse rapidement en France, mais le véritable enjeu est désormais de transformer cette dynamique en projets structurés, pertinents pour l’entreprise et capables de produire une réelle valeur ajoutée.

Pour les entreprises, cela suppose notamment de ne pas confondre adoption technologique, innovation et R&D. La qualification du projet en amont constitue une étape essentielle pour identifier les dispositifs susceptibles de l’accompagner et construire une stratégie de financement cohérente.

Chez FRS Consulting, nos consultants issus du monde de la recherche accompagnent les entreprises dans l’identification, la qualification et le financement de leurs projets innovants. De l’analyse des travaux réalisés à l’identification des dispositifs adaptés, notamment le CIR et le CII, nous aidons nos clients à prendre en compte les différentes dimensions de leurs projets afin de construire une stratégie de financement adaptée à leurs enjeux.

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