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Grandes familles d'IA et potentiel d'éligibilité au CIR et CII

L'intelligence artificielle ne constitue plus une technologie unique, mais un ensemble de familles aux objectifs et aux approches très différents. IA générative, IA explicable, IA frugale, IA autonome ou encore IA de confiance répondent chacune à des enjeux technologiques spécifiques et ouvrent des perspectives d'innovation variées. Du point de vue du Crédit d'Impôt Recherche (CIR) et du Crédit d'Impôt Innovation (CII), ces différentes familles ne présentent toutefois pas les mêmes opportunités.

Dossier

10.07.26

5 min

L’IA regroupe aujourd’hui des technologies aux approches et aux finalités très différentes chacune répondant à des enjeux technologiques spécifiques. Ainsi, selon la nature des travaux réalisés, ces différentes familles peuvent donner lieu à des activités de recherche éligibles au CIR ou à la conception de produits innovants susceptibles de relever du CII.

IA générative

 

L’IA générative est la famille d’IA la plus médiatisée. Elle regroupe les modèles capables de produire du contenu original (texte, images, code, audio ou vidéo) à partir d’une simple instruction. Vous connaissez ainsi les grands modèles de langage (LLM), comme ceux utilisés dans les assistants conversationnels, qui en sont l’exemple le plus connu.

D’ailleurs, si l’utilisation de ces modèles est aujourd’hui largement démocratisée, les travaux de recherche qui les entourent demeurent nombreux. En effet, l’amélioration de leur fiabilité, la réduction des hallucinations, le développement de nouvelles architectures ou encore l’optimisation de leur apprentissage constituent autant de problématiques scientifiques susceptibles de relever du CIR.

À l’inverse, une entreprise qui exploite une IA générative existante pour concevoir un produit nouveau apportant une valeur ajoutée significative à ses utilisateurs pourra, sous certaines conditions, relever du CII. C’est notamment le cas lorsqu’un copilote métier, un assistant documentaire ou un outil de génération automatisée transforme profondément les usages ou améliore sensiblement les performances fonctionnelles d’un produit existant.

IA explicable (XAI)

 

L’IA explicable (Explainable AI ou XAI) regroupe les méthodes permettant de comprendre et de justifier les décisions prises par un système d’IA. Son rôle est de rendre les modèles plus transparents, notamment dans des secteurs sensibles comme la santé, la finance ou l’industrie.

Pour atteindre cet objectif, les travaux visant à développer de nouvelles méthodes d’interprétation ou d’explication des modèles peuvent relever du CIR lorsqu’ils cherchent à lever des verrous scientifiques ou techniques. En revanche, une plateforme innovante permettant aux utilisateurs de comprendre, d’auditer ou de piloter efficacement les décisions d’une IA pourra, sous certaines conditions, relever du CII.

IA de confiance et IA responsable

 

L’IA de confiance vise à garantir que les systèmes d’IA sont robustes, sécurisés, transparents et limitent les biais algorithmiques. Avec l’essor des réglementations sur l’IA, ces enjeux prennent une importance croissante.

C’est ainsi que les recherches portant sur la robustesse des modèles, leur sécurité ou la réduction des biais peuvent relever du CIR. À l’inverse, le développement d’une solution permettant de superviser, contrôler ou auditer le fonctionnement d’une IA dans un environnement opérationnel pourra relever du CII si le produit présente des performances nouvelles par rapport aux solutions existantes.

IA frugale

 

L’IA frugale cherche à réduire les ressources nécessaires à l’entraînement ou à l’exécution des modèles tout en conservant un haut niveau de performance. Elle répond à des enjeux de coût, de consommation énergétique et de déploiement sur des équipements aux capacités limitées.

Les nouvelles approches de compression, de quantification ou d’optimisation des modèles peuvent relever du CIR. Les produits permettant d’exécuter efficacement une IA sur des équipements embarqués, des objets connectés ou des terminaux mobiles pourront quant à eux relever du CII lorsqu’ils démontrent une amélioration significative des performances.

IA autonome

 

Enfin, l’IA autonome regroupe les systèmes capables de prendre des décisions et d’agir avec une intervention humaine limitée, en s’adaptant à leur environnement. Elle trouve des applications dans la robotique, la logistique, l’industrie ou encore la maintenance prédictive.

Les travaux de recherche sur la prise de décision sous incertitude ou l’amélioration des mécanismes d’apprentissage peuvent relever du CIR. Les solutions de planification intelligente, d’optimisation logistique ou de maintenance prédictive pourront relever du CII dès lors qu’elles apportent des performances mesurables supérieures aux produits déjà présents sur le marché.

Au-delà des grandes familles : une multitude d’approches

 

Bien que nous ayons cartographié ici les principales tendances actuelles, le paysage de l’IA est loin d’être figé. Il existe d’autres branches et approches méthodologiques qui soulèvent, elles aussi, de fortes problématiques d’éligibilité. Nous pouvons notamment citer :

  • L’IA symbolique et hybride (Neuro-symbolique) : Qui cherche à combiner la puissance du deep learning avec la logique formelle et les systèmes à base de règles pour combler les lacunes de l’apprentissage statistique pur

  • L’apprentissage par renforcement (Reinforcement Learning) : Utilisé pour entraîner des agents à prendre des décisions optimales par essais-erreurs, une méthode au cœur des systèmes de contrôle complexes

  • Le traitement automatique du langage naturel (TALN / NLP) traditionnel : Qui, bien que bousculé par l’IA générative, reste indispensable pour des tâches spécifiques d’analyse sémantique ou de classification textuelle

Chacune de ces approches possède ses propres verrous technologiques. Déterminer si vos travaux relèvent du CIR ou du CII nécessite donc une analyse fine, adaptée à la réalité de vos développements.

En conclusion : CIR, CII et IA, comment s’y retrouver ?

 

L’utilisation de l’IA ne garantit pas automatiquement l’éligibilité. La stratégie gagnante repose souvent sur l’articulation des deux dispositifs : le CIR pour lever un verrou scientifique (ex. : optimiser une architecture d’IA), et le CII pour intégrer cette technologie dans un produit commercial supérieur au marché.

Au-delà des grandes familles présentées, le paysage évolue vite (IA neuro-symbolique, apprentissage par renforcement…). Une analyse technique rigoureuse reste indispensable pour sécuriser vos dossiers.

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